Septembre 2003: Après 12 heures de vol j'arrive enfin à Bangkok, capital de la Thaïlande ou Royaume de Siam pour les nostalgiques. C'est la troisième fois que je me rends en Thaïlande. Pour connaître encore mieux ce merveilleux pays, je décide de le parcourir à vélo avec le minimum d'affaires. Je fixe mon départ à Hua-Hin, une station balnéaire située a 200 km au sud de BKK. Une fois arrivé a Hua-Hin, je vais faire le tour des magasins de vélo et j'en trouve un pas trop cher: 150 euros ou 7500 bath, je ne l'équipe pas de compteur de vitesse ni de porte bagages ! En Thaïlande sur le bord des routes il y a des bornes tous les km, cela me suffit largement. Le mois de septembre est la période la plus arrosée de l'année, je m'attends au pire. Rouler sous la pluie n'est pas ma tasse de thé mais je suis trop motivé pour ce détail. Le lendemain je pars de Hua-Hin direction Prachuap-Khiri-Khan en passant par le parc national des 300 pics. L'arrivée à Prachuap se fait sous la pluie, je trouve sans problème un petit hôtel grâce a un autochtone, le fait de parler le Thaï couramment, facilite les choses et cela me permet de ne pas passer à coté de ce merveilleux pays. L'après-midi j'en profite pour laver mes vêtements car je repars demain. Le soleil réapparait ce qui me permet de faire sécher mes affaires plus vite que prévu. Le soir, j'en profite pour aller me restaurer dans un petit restaurant de rue et pour bavarder avec des Thaï agréablement surpris du fait que je parle leur langue. Vers 21 heures je rentre me coucher car demain je me lève aux aurore. Je n'ai pas de difficulté à me lever, je suis très motivé à l'idée de reprendre la route, l'étape du jour est Bang-Saphan, malheureusement, il n'y a pas de route tranquille qui longe la mer.A mon grand désarroi, je dois emprunter la route principale: la Phethkasém. Le trajet se fait sans histoire ( environ 100 km )et il fait très beau temps. A mi-parcours, sur le bord de la route, des paysans vendent des pastèques et ils me font signe de venir, je m'arrête et m'offrent un fruit , gratuitement !!! , c'est sur: je suis bien en Thaïlande.J'arrive à Baang-Saphan et je trouve un hôtel bon marché le long de la plage pour 250 bath la nuit, je suis brulé par le soleil, car j'ai oublié de me munir de la crème solaire, quelle erreur !!! , j'ai tellement mal que je suis obligé de prendre mes compresses et les imbiber d'eau pour soulager mes brûlures paradoxalement je vais tout de même acheter de l'écran total. Le lendemain matin, il pleut des cordes: tant mieux pour les coups de soleil... L'étape du jour est Chumphon en passant par les petites routes et en longeant le plus possible la mer: la route est magnifique, c'est très mal indiqué donc il faut toujours demander son chemin, et il y a peu de circulation. Pour se rendre à Chumphon, il faut passer par Baang-Saphan-Noy, la petite soeur de Baang-Saphan, j'en profite pour me restaurer. Après un bon repas et après avoir causé avec les autochtones , je repars sous la pluie direction Pathiu et c'est le miracle: il cesse de pleuvoir, la route est difficile: c'est très vallonné et j'ai du mal à trouver un rythme. Il faut dire qu'auparavant en France, je n'avais jamais dépassé la barre des 70 km de vélo à la journée !!! et pour ce périple solitaire, je n'avais pas de porte bagages donc je portais mon sac à dos de huit kilos sur le dos. J'arrive sans encombre à Chumphon en fin d'après-midi. Après une bonne nuit à Chumphon,je m'octroie un jour de repos bien mérité et j'en profite pour me promener dans la campagne environnante .Tout est inondé ce qui ne semble pas gêner les Thaï. Le lendemain, le désir de poursuivre ma route est trop fort, je fonce vers Lang-Suan en empruntant les petites routes. Comme d'habitude, ce n'est pas indiqué : j'explore des routes en terre en direction du sud, puis à une intersection, je rencontre un ouvrier Thaï qui me fait de grands signes, je discute avec lui, et il me propose de me conduire à sa maison située sur le bord de mer ( Golfe de Thaïlande ) Il m'ouvre la route avec sa mobylette, j'ai un peu du mal à le suivre et au sommet d'une colline : j'aperçois la mer. Il m'invite à déjeuner dans sa modeste demeure puis il m'accompagne sur quelque km et me met sur le trajet de Lang-Suan. J'arrive à Lang-Suan vers 16h00 . Je suis assez fatigué. Je trouve un hôtel sans problème et après une bonne nuit, je reprends la route direction Tha-Chana par les petites routes.Mon sac à dos commence à me faire très mal au niveau du cou , je décide à contre coeur d'abandonner du matériel,. J'abandonne mes chaussons d'escalade et mon dictionnaire au pied d'un hévéa...j'arrive exténué à Thaa-Chana .Il n'y a pas d'hôtel donc première nuit au temple, les moines sont très accueillants et me donnent un endroit où dormir, c'est le confort le plus rudimentaire possible : pas de ventilateur , pas de matelas et une magnifique scorpion sur le mur: j'en tremble encore. A Thaa-Chana, le matin est magique avec la procession des moines vers 5 heures du matin, Ils vont chercher leur nourriture non loin du marché , j'en profite pour prendre un café au marché. Vers 7 heures, je décide de repartir et je remercie beaucoup les moines de leur hospitalité. Puis direction Surat-Thani, toujours par les petites routes et comme j'étais en forme, je ne m'arrête pas à Surat, mais à Kanchanadit, et encore une nuit au temple. Après une nuit sans matelas et sans ventilateur, j'enfourche à nouveau mon vélo et je me dirige vers Don-Sak: le débarcadère pour l'île de Kho Samui, La route qui y mène est très fréquentée et en travaux, grosse frayeur, plus jamais je l'emprunterais, puis je continue un petit peu plus loin et je trouve un bungalow sur la plage pour un prix dérisoire à Khanom, au mois de septembre, c'est la basse saison. Après une nuit réparatrice, je continue ma route en longeant la mer, puis à ma grande surprise, la route s'arrête. La carte que j'ai achetée en France s'avère fausse, je rebrousse chemin et à un carrefour, je prends une variante qui me conduis à Tha-Sala. Ce jour-là, il pleut des cordes et comme je ne veux pas trop rester sous le déluge, je prends le premier hôtel venu,J'en profite pour faire sécher toutes mes affaires. Le lendemain, je pars à 6 heures, il fait grand beau. Je continue ma route et j'arrive à la grande ville de Nakhon Sri Thammarat, j'en profite pour boire un café dans petit boui-boui juste à coté d'un carrefour,ce qui me permet de discuter avec les Thaï qui se préparent à aller au boulôt.Une employée de Suzuki Thaïlande paie à ma place mon verre de café : trop sympas les Thaï !!!! Je me sens en pleine forme, il fait grand beau et c'est encore trop tôt pour trouver un endroit pour dormir. Je continue mon chemin, jusqu'a Pak-Phanang: la ville des hirondelles, à Pak-Phanang, il y a plein de maison spécialement conçues pour ces volatiles car ces derniers font des nids qui se vendent une fortune et qui se dégustent dans les meilleurs restaurants du monde. Après quelques jours de repos à Pak-Phanang, je continue ma route vers le sud, aujourd'hui c'est une petite étape qui m'attend : Hua-Saï, en 2003, il n'y avait qu'un petit hôtel qu'on appelle "guest-house" petit hôtel bon marché. Hua-Saï est une petite ville très tranquille et les Thaï n'ont pas trop l'habitude de rencontrer des touristes, c'est tant mieux car leur esprit n'est pas pourri par l'argent facile comme dans certains lieux hyper-touristiques de la Thaïlande. Le lendemain, je me lève très tôt pour éviter un éventuel orage qui pourrait se manifester en début d'après-midi. Aujourd'hui, une grande étape m'attend : Songkhla , le bout du périple. Je n'ai pas encore à l'esprit de faire le tour de la Thaïlande à vélo, pour moi, arriver à Songkhla en longeant les côtes du Golfe de Thaïlande est déjà un sacré challenge vu mon manque d'expérience de la petite reine ! Songer à faire "le tour de la Thaïlande" aurait été très prétentieux de ma part. La route est très calme et les temples sont bondés de monde, un Thaï me dit qu'aujourd'hui c'est "tham boun" ce qui signifie: "faire des offrandes". D'habitude, ce sont les moines qui vont chercher leurs offrandes ( en général c'est de la nourriture et des produits de la vie courante) mais aujourd'hui, c'est la population qui se déplace pour ce jour de carême Bouddhiste. C'est fantastique de pouvoir assister à cette coutume tout en se déplaçant à faible allure, sans polluer, sans faire du bruit; quel bonheur, quelle chance ! et je suis le seul occidental qui en profite. La route qui mène à Songkhla est sans relief : c'est tout plat et c'est tout droit. Ce n’est pas monotone car de temps en temps je longe la mer .Le reste du temps, des fermes à crevettes me séparent du bord de mer. Le temps est magnifique, pas un nuage, j'ai de la chance. Puis vers 15 heures tous les Thaï rentrent à Songkhla et à quelque km du pont de Songkhla: c'est les embouteillages, je dois zigzager prudemment entre les voitures. Après toute une journée de vélo, j'arrive enfin à Sonkhla vers 18 heures. Il fait déjà nuit ! Je prends un hôtel un peu cher pour mon budget : c'est la récompense pour mon challenge, demain: j'irais chercher une guest-house bon marché.
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